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Quand voyage rime avec partage

Compte rendu, Voyage

Voyage au Maroc – 2005

Pour l’instant Orion nous a permis d’aller au Maroc apporter environ 1 tonne de livres scolaires (2400), vêtements, chaussures, cartables, médicaments … pour le comte d’une O.N.G. franco-marocaine qui s’appelle Azekka (ce qui veut dire demain en berbère) adresse du site.
C’est dans les régions d’Agadir, Ouarzazate et Skoura, à 3000 kilomètres de la maison et au milieu de paysages somptueux, que nous avions rendez-vous avec des associations de développement parfois dans des quartiers très défavorisés, mais toujours très dignes et sans mendicité.
Le travail fait sur le terrain par ces associations est fabuleux et elles méritent vraiment d’être soutenues : réalisation de bibliothèques rurales, transport scolaire pour permettre aux plus grands d’aller au collège, installation de salle ordinateur, aide aux plus démunis, fourniture de kits cartables …
On sent que les choses commencent à bouger, car il semble que tous les enfants soient scolarisés dans le primaire (hélas parfois 2 ou 3 heures par jour seulement faute de locaux et de professeurs), ce qui signifie que la tranche d’âge qui arrive saura lire et écrire ce qui n’était pas le cas il y a encore quelques années, et qui est très loin de l’être dans les pays proches voisins.
Pour ce premier voyage au Maroc nous avons récolté de très nombreux livres dans les écoles où nos enfants allaient et au collège où va notre fille ainsi qu´auprès d’amis et de leurs connaissances. Tout le monde était sur le pont ainsi que les membres d’Azekka de la région toulousaine.
Après une traversée de l’Espagne sans encombre majeure, nous arrivons sur Tanger où quelques «soucis » douaniers nous attendent malgré toutes les démarches officielles faites par
l’ambassade de France et le feu vert donné par le ministère de la culture marocain!

Mais ce dossier n’est pas clos (pétition nationale d’Azekka, courrier adressé au roi du Maroc, action du Consulat de France de Tanger …). Nous reviendrons sur cet épisode plus tard quand tout cela se sera un peu décanté !
Nous descendons sur Agadir par la côte en faisant quelques superbes haltes à Larrache, El Jadida, Oualidia, Essaouira… que des paysages grandioses et un régal de poissons frais sur les marchés locaux. Petite particularité à Oualidia, comme il y a 30 ans, il suffit de s’arrêter au bord de la lagune et le marché aux poissons arrive tout seul et en mobylette qui plus est… les pécheurs (ou leurs cousins) nous proposent ainsi poissons-oursins crevettes vivantes à nous de choisir !
Seule différence, il y a 30 ans il n’y avait pas de lotissement au bord de la lagune !
Marchandage (obligatoire) oblige, troc est fait entre quelques crevettes et du vin …
Malheureusement, nous sommes en période de ramadan (ce que certains pécheurs semblent oublier…) et le midi toutes les petites cantines locales sont fermées, donc pas de brochettes et autres spécialités marocaines … De plus le soir tout ferme très tôt pour la rupture du jeûne, mais il faut faire avec.
Première livraison à Agadir, accueil super, partage des plats traditionnels de rupture du jeûne ; il faut réussir à le convaincre que nous n’avons besoin de personne pour garder le camion de nuit, surtout quand il est dans la cour de l’association …
La liste exacte des répartitions ne nous étant arrivée que très tard après le chargement d’Orion, nous sommes obligés de tout décharger pour trier et laisser les bons colis avant de recharger intelligemment le reste en fonction des destinations.

Le lendemain, bien sûr, les responsables de l’association tiennent à nous montrer leurs diverses réalisations : bâtiment en construction, classes de maternelles, salle pour les ordinateurs, entrepôts du matériel de foot, mise sur pied du ramassage scolaire pour le collège afin d’éviter à certains de partir aux champs plutôt que de continuer un peu leur scolarité.
Du reste, nous montons dans le bus pour aller à l’école voisine amener quelques cartables à des gamins qui 2 mois après la rentrée ont encore une poche en plastique pour mettre leurs cahiers et crayons.
Quel bonheur de voir la joie dans leurs yeux en arborant fièrement leur cadeau !
Par contre ici le bus ne passerait pas le contrôle technique et tant s’en faut surtout que les gamins s’y entassent à 60 alors que c’est un simple Renault Trafic (ou équivalent).
Après, livraison dans les quartiers défavorisés d’Ouarzazate : le président de l’association vient fièrement sur une vielle mobylette nous chercher et nous guider jusque dans des endroits où le camion passe tout juste, tellement les ruelles sont étroites.
Mais le cœur y est tout plein et c’est l’essentiel. Là aussi grand coup de main de membres de l’association surgis de nulle part, attestations de livraison pour la douane et nous repartons vers Skoura afin d’y faire notre dernière livraison.
Skoura est une jolie petite palmeraie et nous avons décidé de passer la nuit dans le gîte de notre contact qui sert de lien entre les différents bénéficiaires ici sur place.
Superbe accueil dans une grande maison en pisée qui surplombe la palmeraie. C’est du reste depuis une terrasse couverte de tapis et en dégustant force thé à la menthe que nous écrirons la majorité de nos cartes postales.
Après un excellent couscous Talout, notre hôte, s’occupent de toutes les attestations de dons (collège, maison des jeunes, association de développement) qui reçoivent nos livres cartables, vêtements, chaussures et médicaments.
Après cette halte bien reposante, nous avons décidé de faire un petit tour dans la superbe vallée du Draa, ce fleuve qui se perd dans le sable sans jamais rejoindre l’océan.
Paysages de rêve en traversant des montagnes somptueuses avant de découvrir une succession de palmeraies aux constructions en pisée et avec des habitants de plus en plus noirs.
Malheureusement, le temps passe vite et il est grand temps de rebrousser chemin, car la route du retour est encore longue (prés de 3500 kilomètres) avec un passage par Monzon où nous sommes attendus avec les copains pour animer une fête médiévale …
Nous traversons la «capitale mondiale » du trilobite et le hasard nous fait faire la connaissance de Mohamed vendeur de fossiles diplômés de géologie (passionné et passionnant) qui pour mieux expliquer aux touristes n’a pas hésité à faire une coupe géologique de la région et à la photocopier… Il nous accompagne au marché et surveille que ses copains ne nous roulent pas.

De retour à son échoppe, il nous montre la bibliothèque de l’association pour le développement dont il s’occupe ainsi qu’une centaine de sacs plastiques avec des vêtements qu’il s’apprête à distribuer le lendemain. Du coup nous lui laissons un sac de vêtements qui était resté dans un des placards du camion.
Avant de partir, il nous explique bien comment rejoindre les fabuleuses gorges du Tadra par la piste (assez cahoteuse) et ses explications sont les bienvenues.
La remontée vers Tanger se fait par l’intérieur avec franchissement des différents Atlas et plusieurs cols à 1800 mètres.
C’est une succession de paysages somptueux et un lent retour aux champs cultivés ponctué par quelques visites touristiques et des souks dans lesquels nous nous aimons nous mêler à la foule des gens qui nous le rendent bien avec leurs visages heureux de nous voire acheter les mêmes produits qu’eux.

Written by Pierre Coiffait - 1 février 2018 - 308 Views

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