Orion Partage

Quand voyage rime avec partage

Compte rendu, Voyage

Voyage au Maroc – 2014

Nous voici donc repartis vers une de nos destinations favorites…

Comme ces dernières années, nous ne pouvons plus traverser en toute quiétude ni la Mauritanie ni le Mali en raison de l’insécurité qui y règne depuis quelque temps.

Nous ne tenons pas à faire la « une » des télévisions…

Comme l’an dernier Cécile vient de passer l’écrit de ses concours et nous rentrerons avant les oraux pour la soutenir moralement. Bien sûr, elle ne pourra pas nous rejoindre avec Quentin, on verra ça l’an prochain…

Notre programme est chargé.

Nous transportons de nombreux cartons pour « la main sur le cœur », une association de Mauzac.

 

Pierre a réussi à faire entrer dans Orion les 6 m3 du départ en les « zippant » pour les ramener à 4 m3, seule place disponible… La recette est simple, il faut défaire des cartons pour tasser au mieux dans les placards et combiner au mieux dans les coffres pour ne pas perdre de place, ce qui implique de nombreux essais préalables : il charge des cartons, essaient avec d’autres, recommence et ainsi de suite jusqu’à trouver la bonne combinaison.

Comme d’habitude, c’est un inventaire à la Prévert avec fournitures scolaires, livres pour enfants, vêtements, machine à coudre, produits d’hygiène basique, fauteuils roulants, etc.

Nous partons donc en début d’après-midi pour rejoindre le port de Sète et embarquer à bord du « Majestic » un bateau italien.

En effet, la SNCM a réussi à couler complètement les traversées avec le Biladi en un temps record (quelques mois à peine). Lors de notre dernière traversée, tous les passagers habitués étaient d’accord pour dire que les nouvelles règles imposées par les syndicats de la SNCM mèneraient directement droit dans le mur.

 

Maintenant, ce sont des bateaux italiens qui assurent la ligne !

 

Le personnel (Italien pour les cadres et Philippin pour les autres) est très attentif et bien agréable.

Les prix du self sont corrects même si beaucoup de personnes sortent les repas des glacières… y compris au self !

La traversée se déroule sans problème avec une mer très calme. Même au niveau du détroit de Gibraltar la mer est « d’huile ».

Arrivée à 8 heures (Marocaines), il faut attendre que les douaniers se mettent en place et, surprise, ils commencent par débarquer le garage dans lequel nous sommes. Deuxième surprise, alors que nous sommes tout au fond du garage, et comme tous les conducteurs ne sont pas encore arrivés et qu’ils ont fait libérer l’axe central avec un peu de « faufilage », Pierre arrive à extraire Orion et nous débarquons dans les premiers…

La douane se passe sans encombre et nous filons rapidement vers Larache pour notre marché habituel.

Comme toujours, le poisson y est superbe et l’ambiance est extra dans ce petit port où nous mangeons quelques sardines grillées.

Le soir, étape à Kenitra, au milieu des chênes-lièges, après avoir dégagé notre salle de bain : les 3 fauteuils roulants qui l’encombraient et quelques gros cartons qui nous empêchaient d’accéder à notre table sont installés sur le toit pour continuer le voyage….

 

La nuit nous prend et un gros sommeil réparateur est le bienvenu…

 

Le lendemain, après avoir complété quelques achats et flâné un peu, nous nous dirigeons vers Meknès que nous retrouvons avec grand plaisir. Il y a très peu de touristes et nous déambulons dans les souks à la recherche de quelques jolies broderies, spécialités de Fès, la voisine de Meknès.

 

Dimanche, après une superbe nuit à la lisière d’une forêt de chênes verts, nous arrivons à Aïn Leuh chez Hassan.

C’est le président d’une petite association que la main sur le cœur a décidé d’aider. En effet dans ce douar regroupant une dizaine de maisons il y a une petite école qui ne dispose plus de toilettes fonctionnelles.

Certes, il y en a eu, mais depuis bien longtemps plus rien ne fonctionne ! Alors nous amenons de la part de la main sur le cœur les fonds nécessaires pour réaliser les travaux.

Arrivés en début d’après-midi, nous sommes en fait attendus par les autres membres de l’association « vers 16 heures ».

En réalité, ils arriveront après leur travail aux champs c’est-à-dire beaucoup plus tard…

Bien sûr, nous laissons aussi une partie de notre chargement.

Ici, nous sommes à 1200 mètres et proches de la montagne. Les hivers sont froids avec de la neige et des températures descendant parfois entre -5 °C et -10 °C. Nous laissons donc de nombreux vêtements chauds et des couvertures.

Sitôt déchargés, le partage commence et chacun repartira à la tombée de la nuit avec quelques vêtements, chaussures pour les enfants et couvertures…

 

Le soir, nous partageons avec Hassan et sa famille un tagine directement dans la pièce principale où vivent les parents d’Hassan. Pour nous, ils ont préparé des assiettes et des couverts afin que nous puissions prélever notre part dans le grand plat disposé au milieu de la grande table.

Eux ils mangent « à la Marocaine traditionnelle » : leur pain leur sert à piocher directement (avec la main droite uniquement bien sûr) dans le grand plat central.

Hasan tient un petit gite avec son épouse dans la maison familiale qu’il a transformée pour recevoir quelques touristes de passage. Bien que sommaire, son gite est correct et signalé dans le routard ce qui lui permet d’en vivre.

Après un petit déjeuner typiquement marocain avec café, thé à la menthe, une sorte de grosse crêpe et confiture maison, nous prenons une route de montagne en direction de Midelt. Très vite, cette route se transforme en piste : elle fut goudronnée en son temps, mais par manque d’entretien, il ne reste plus qu’un vague souvenir de goudron et à de nombreux endroits elle a été emportée par les oueds en crue et c’est alors un vague détour sommaire qui permet de franchir le cap.

À notre grande surprise, il y a même un panneau annonçant des contrôles radars… L’histoire ne dit pas combien de contrevenants ont été verbalisés ni si les gendarmes vont sortir des très nombreux nids de poule (t) s ! Heureusement, les paysages de la forêt de cèdres et des canyons que nous traversons compensent largement les difficultés matérielles.

 

Peu avant Mideltnous, arrivons sur un grand plateau désertique fort venté qui nous rappelle beaucoup le grand sud désertique du Maroc : et ses grands regs (déserts de cailloux) avec du vent fort et une nébulosité importante probablement due au sable soulevé…

Malgré les passages à plus de 2000 mètres, la température n’est guère descendue en dessous des 30°.

 

Le lendemain, nous arrivons à Errachidia.

Au petit matin, dans la palmeraie où nous avons passé la nuit, un petit fennec (renard des sables du désert) trottine. Sans doute était-il venu discuter pendant la nuit avec le Petit Prince qui est dessiné sur un des côtés d’Orion.

 

Suit une journée de transition en direction d’Alnif que nous atteignons sans encombre le mercredi en début d’après-midi.

La chaleur est accablante, même les locaux trouvent que la température est particulièrement élevée pour cette date.

Ici, nous retrouvons Mohand. Nous l’avions rencontré par hasard en 2005 lors de notre premier voyage puis par hasard encore nous étions revenus lui remettre beaucoup de cartons confiés par une association de Foix dans l’Ariège, et maintenant nous venons pour la main sur le cœur, juste à côté d’Alnif à environ dix kilomètres…

Bien sûr, nous l’avions contacté il y a quelques mois et nous arrivons avec 3 fauteuils roulants, des cannes anglaises et des machines à coudre.

Son association d’aide a décidé en effet de monter un atelier pour apprendre la couture aux femmes qui le souhaitent. Ainsi elles pourront faire des vêtements pour la famille et éventuellement vendre leur production.

Géologue de formation, Mohand tient un petit magasin de vente de fossiles qu’il va lui-même chercher sur le terrain et que son employé Ibrahim dégage avec minutie et surtout beaucoup de patience et de talent.

Nous en profitons pour faire de nombreux achats pour la main sur le cœur qui les revendra sur les marchés de Noël. Les fonds ainsi récoltés retourneront dans des aides au Maroc ou en Pologne ou encore en Casamance…

 

Nous sommes invités le soir à partager un excellent tagine préparé par la femme de Mohand et nous passons une grande soirée d’échanges philosophico-religieux avec Mohand.

Nous n’avons qu’un seul regret : bien que Mohand soit très progressiste dans ses idées et que nous soyons chez lui à deviser longuement, nous ne verrons pas son épouse ! Peut-être est-ce elle qui ne veut pas se montrer, car c’est lui qui amène tous les plats à table.

Les contacts ont été pris et le programme du lendemain est lourd avec plusieurs rendez-vous.

 

Nous partons donc essayer de trouver un peu de fraicheur dans un coin tranquille repéré à côté d’Alnif, il fait un peu moins chaud que la veille, mais à près de minuit le thermomètre affiche encore 27° et nous sommes à 1000 mètres environ.

 

Nous avons rendez-vous avec Zaïd de l’association de développement de Maghnia petit village à quinze kilomètres d’Alnif. La main sur le cœur leur a fait passer un mini bus réformé de chez nous il y a quelques années.

Il leur sert à beaucoup de choses et a complètement changé leur vie : ce minibus leur permet d’assurer le transport scolaire des élèves du village. S’il y a bien une école primaire à Maghnia, en revanche le collège et le lycée sont à Alnif. Afin d’inciter les parents à envoyer les filles aussi au collège et au lycée, ils ont décidé de les faire payer sensiblement moins cher que les garçons pour le transport.

Le minibus sert aussi à amener les petits « à la forêt » c’est-à-dire dans une oasis voisine ou, à transporter l’équipe de foot qu’ils ont créé, ou encore à faire une sortie à Errachidia ou à la mer à Essaouira, etc.

Zaïd nous amène chez sa tante et nous a fait promettre de manger le midi chez lui.

Nous sommes donc reçus par les différents responsables de l’association et du village autour d’une table dans une superbe salle décorée à la marocaine avec force de tapis, sofas, tables basses, etc.

Après les salutations de rigueur et la présentation des nombreuses activités de l’association entrecoupée de force thés à la menthe, arrive un couscous délicieux suivi de thé, puis de brochettes marinées excellentes, puis 2° tournée de brochettes, et encore des brochettes toujours avec quelques thés.

Ensuite, comme si cela ne suffisait pas il nous est servi une salade de crudité, et un tagine aux pruneaux avec des frittes avant d’arriver enfin aux fruits…

Inutile de préciser que nous ne faisons que gouter symboliquement aux derniers plats, car le couscous et les fruits nous auraient largement suffi.

Nous avons à livrer un gros carton pour la tante de M’Bark qui nous avait reçus chez lui il y a 3 ans.

Bien sûr, elle souhaite aussi nous recevoir, mais d’une part, elle ne parle pas du tout français, d’autre part, nous sommes attendus à Toughza, un village voisin où la main sur le cœur va faire cheminer un autre bus (plus gros) en octobre et nous sommes déjà en retard sur le planning de la journée !

 

Quelques kilomètres à peine séparent Toughza et Maghnia.

Pour Toughza aussi, la main sur le cœur a trouvé un bus qui servira à de nombreuses choses. Il arrivera en principe en octobre si toutes les démarches administratives ont bien abouti. Nous faisons le point avec les responsables de l’association de développement locale qui s’occupent de demander ces autorisations. Ce bus qui leur est destiné étant plus gros que celui de Maghnia, les 2 villages ont prévu de l’utiliser en commun en fonction des besoins de chaque village. Il arrivera avec des cartons de dons destinés à ces 2 villages et donc nous ne leur avons rien acheminé sauf quelques cadeaux amicaux…

Nous sommes quand même attendus avec force de thé, coca et autres et nous avons droit à toutes les explications des activités de l’association…

Bien sûr, eux aussi souhaitent vivement que nous revenions diner le soir !

 

Soudain, une tempête aussi soudaine que violente se lève et ne dure que quelques minutes…

 

Notre journée de contacts n’est cependant pas finie, car Fto (Fatima) nous attend dans un autre village à dix kilomètres environ.

Fto, ainée d’une famille de 6 enfants dont le père est parti s’installer en France (avec une autre femme) a dû abandonner ses études supérieures pour assurer la charge de sa famille en devenant institutrice dans ce tout petit village.

Nous lui acheminons donc quelques cartons de fournitures scolaires et de vêtements qu’elle distribuera aux plus nécessiteux des élèves.

Nous profitons des thés, gâteau et autres qui nous attendent pour échanger un peu avec cette femme dont les idées sont bien arrêtées.

 

Elle aussi déplore certaines dérives sectaires ainsi que le manque cruel d’écoles et d’enseignants.

Comme partout au Maroc en primaire les enfants ne vont à l’école que par demi-journée, soit le matin soit l’après-midi, restant désœuvrés une grande partie de la journée.

Elle vit ici avec une amie dans des conditions plus que spartiates…

Nous nous quittons un peu avant la tombée de la nuit en refusant poliment l’invitation du soir, car nous sommes gavés depuis ce matin et cherchons un coin tranquille dans la palmeraie pour la nuit.

 

Vendredi, après une nouvelle halte à Maghnia pour remercier encore de l’accueil, nous retournons sur Alnif où nous attend Mohand avec impatience. C’est jour de souk hebdomadaire ce qui nous régale bien sûr.

Nous faisons donc nos derniers achats avant d’inviter Mohand au petit restaurant en face de sa boutique qu’il abandonne sans même la fermer ni rentrer les choses qu’il a sorties sur le devant dans la rue… Nous sommes à 30 mètres et de temps à autre il peut surveiller…

Puis nous repartons en direction de Tinerhir où nous attend M’Bark, franco-marocain qui est revenu s’installer au pays.

Ici dans son douar, c’est le roi… Déjà il y a 3 ans il nous avait reçus dans sa maison.

Sur sa propriété de 22 hectares, il a fait faire des forages pour installer des pompes et pratique une agriculture en arrosant tout au goutte-à-goutte, y compris les1500 oliviers et le blé ou la luzerne. Il a aussi quelques vaches laitières et des moutons d’une race très locale dont il préserve la souche.

Le cœur sur la main, il est toujours prêt à aider les autres et n’hésite pas à s’occuper de tous les dossiers administratifs de ses voisins puisque lui il a un ordinateur et une imprimante… Nous amenons avec nous un petit orage qui fait son bonheur et qui va bien rafraîchir l’air. Il faut dire que ce matin encore à 7 heures il faisait déjà 28°…

Nous le régalons avec des produits qu’il ne trouve pas ici et que nous lui avons spécialement ramenés de France.

 

Suivent 2 journées de détente avec M’Bark et un nouvel orage rafraichit encore un peu plus la température. Il ferait presque frais… et cela fait du bien. Pour la nuit, nous serons même obligés de mettre une couverture !

Ici, les paysans sont heureux et M’Bark va même chanter dans le jardin sous la pluie… Avant de nous exposer ses nouveaux projets d’hôtellerie d’une part (il a fait l’école hôtelière en Alsace) et d’élevage de lapins d’autre part.

Grand rêveur, il a toujours mille projets et progresse petit à petit… Il s’est marié depuis notre dernier passage et son enfant à venir lui tient très à cœur. L’avenir dira si les lapins auront bien leurs clapiers !

Nous partons donc pour Izoumgen, principal but de notre mission au Maroc.

Situé sur un vaste plateau désertique qui s’étend entre l’Anti-Atlas et le Haut Atlas, ce village est quand même à 1580 mètres et le vent violent est, parait-il, au menu quotidien. Régulièrement, il neige en hiver en supplément, mais pas ces 3 dernières années, car la sécheresse sévit très fort ! Ici aussi, les orages d’il y a 2 jours ont été très bénéfiques.

Les nuits sont un peu fraîches (18 à 20° quand même) et cela fait du bien de ne plus avoir trop chaud…

 

Nous sommes attendus avec impatience et dès la fin des cours, Jo l’instituteur veut voir tous les trésors que la main sur le cœur nous a confiés.

Très rapidement, la chambre de Jo et de son épouse est envahie par plusieurs mètres cubes de cartons et de livres, vêtements, etc. en vrac.

Nous avions déjà rencontré Jo dans une école de nomade dans la montagne qui domine Izoumgen.

Il a fini par abandonner ce poste qu’il adorait, car les conditions étaient vraiment trop difficiles (surtout qu’il souhaitait se marier), mais a toujours gardé des contacts. Il vient du reste de donner son vélo à un des enfants nomades…

Devant le nombre et le volume de cartons, il décide tout de suite d’en faire profiter d’autres écoles.

 

Nous passons bien sûr la soirée ensemble et refusons catégoriquement leur chambre qu’Aicha et Jo voulaient nous laisser et dormons dans Orion lui-même dans un coin de la cour de l’école à côté de la maison de Jo.

 

Le lendemain, Jo distribue à toute l’école vêtements et chaussures tout en gardant encore plein de cartons pour d’autres occasions. De plus, il y a beaucoup de livres pour des plus grands, donc Jo veut les donner à une bibliothèque de collège ou de lycée à Boumalne Dades, ville située à 20 kilomètres environ.

À la demande de l’école et des gens du village, la main sur le cœur a décidé de financer également la mise en place d’étagères pour réaliser une bibliothèque dans chaque classe.

Jo a devancé un peu la chose en finançant d’avance ces étagères qui lui seront remboursées. Cependant devant la quantité très importante de livres amenés nous décidons d’en prévoir d’autres.

 

L’après-midi, nous allons donc en chercher de nouvelles en même temps que tout le matériel nécessaire à la réfection du système d’arrosage en goutte à goutte des 65 arbres plantés dans la cour de l’école par les enfants et que la main sur le cœur a décidé de refaire, là aussi à la demande du village.

Nous allons aussi porter divers cartons de livres et fournitures scolaires dans des écoles voisines choisies par Jo et nous finissons la soirée comme la veille, fort tard en discutant abondamment avec Aïcha et Jo.

C’est encore une excellente soirée d’échanges et de partages.

 

Le lendemain, Jo doit partir en début d’après-midi après la classe pour Marrakech passer des examens pour valider une licence de français, Isabelle passe donc la journée avec Aïcha pour lui expliquer comment utiliser la superbe machine à coudre que nous lui amenons.

Pendant ce temps, Pierre améliore les robinets neufs des toilettes en posant des fixations, puis fait le plan général de l’arrosage des arbres et pour finir s’occupe avec l’ouvrier désigné par le village pour enterrer le système d’arrosage de faire la mise en place de ces tuyaux, car il a quelques difficultés à comprendre le plan… Le soir, nous partageons le reste des grillades que Pierre a faites la veille.

 

Demain, nous irons nous promener dans les gorges du Dadès voisin et reviendrons dormir à Izoumgen, car Aïcha préfère que nous soyons là pour la nuit quand Jo n’est pas avec elle.

Après la visite des gorges du Dades nous retrouvons Aïcha et l’école d’Izoumgen, les travaux d’arrosage en goutte à goutte sont presque finis, seul persiste un léger souci, car l’ouvrier a trop raccourci le tuyau principal pour mettre les T de dérivation desservant les dérivations des gouttes à goutte… Il devra ajouter des manchons pour réparer de façon durable !

Après le retour de Jo que Pierre va chercher de bon matin à la ville voisine, nous partons malgré toutes les tentatives d’Aïcha et de Jo qui voudraient qu’on reste encore quelques jours…

Orion a fini sa mission et maintenant nous rentrons à la maison en faisant un peu de tourisme.

Tout a bien été acheminé à bon port et les contacts ont été particulièrement intenses.

Nous traversons le Haut Atlas par la route de Telouet, certes peu filante, mais avec des paysages à couper le souffle.

 

Le lendemain nous traversons Marrakech que plusieurs Marocains nous ont surnommés « Marnaquech », car ils estiment (comme nous du reste) que cette ville a vendu son âme au tourisme de masse et que maintenant elle ne ressemble en rien à ce qu’elle a pu être il y a 30 ans encore : tout est fric et attrape touriste, la place Jemma Efna n’a plus rien de vrai et partout il n’y a plus que de l’arnaque.

Rapidement, nous rattrapons la côte à Essaouira où comme d’habitude souffle un vent violent.

Essaouira (ex Mogador portugaise) est spécialisée dans le travail du bois de thuya. Nombreux sont les artisans qui font de la marqueterie avec des incrustations de bois de citronnier (brut ou frit pour qu’il devienne noir comme le bois d’ébène), de nacre, d’argent, etc. Puis nous remontons en longeant la côte par Safi, avec là encore beaucoup de vent.

Après un tour dans les souks à El Jadida nous repartons vers Rabat Salé.

 

Après une journée passée dans la médina de Salé, puis quelques courses à Kénitra, nous terminerons comme d’habitude par le superbe marché de Larrache avant le bateau lundi soir.

 

Voilà donc un bien beau voyage et une bien belle aventure très riche en rencontres et en échanges.

 

Bref, ce fut un voyage comme nous les aimons…

Dommage que des villes comme Marrakech aient vendu leur âme au fric du tourisme de masse au point que certains Marocains la baptisent désormais Marnakech ou encore Arnakech. Peut-être un jour cette belle ville saura-t-elle se réveiller comme semble l’avoir fait Kairouan en Tunisie.

Du reste, c’est à Marrakech que nous avons eu droit à un « contrôle technique » du camion par la gendarmerie royale… Malgré les « petites bêtes » que cherchait le gendarme, il n’a pas pu trouver de moyen de nous extorquer le bakchich qu’il cherchait de toute évidence, et quand on voit les « poubelles » qu’ils laissent rouler, il est évident qu’ils arrondissent allègrement leurs fins de mois !

 

Nous avons pour la première fois entendu divers Marocains au hasard des cafés et autres lieux de rencontres, se demander pourquoi construire autant de mosquées alors qu’on manque d’écoles ! Nous avons aussi rencontré des gens s’étonner que les cours d’alphabétisation des femmes soient « calqués » sur 3 ans d’apprentissage d’école coranique ! Nous avons retrouvé avec plaisir des « personnages » avec qui nous avions déjà beaucoup échangés lors de nos voyages précédents : Mohand, le géologue aussi vendeur de fossiles, M’Bark le propriétaire agriculteur, Jo l’instituteur. Ce fut de bien belles retrouvailles.

Mohand possède un évangile qu’il envisage peut-être de lire, avec la traduction en arabe à côté pour les passages qu’il ne comprend pas.

M’Bark souhaite cultiver et « apprivoiser » sa toute nouvelle épouse. Il faut dire qu’ici les mariages se font bien plus par raison que par amour…

 

Jo passe des examens pour essayer de devenir professeur dans un lycée et a ramené pour sa femme une version du Petit prince là aussi en français sur une page et en arabe sur l’autre. Il souhaite quitter ce village très isolé où il enseigne. Il faut dire que le « logement de fonction » qu’il a n’est guère compatible avec la venue prochaine de bébé… Ici, « 2 pièces cuisine » se traduit par une micro chambre de 9m2 environ, un salon juste assez grand pour un petit bureau et une table basse avec des coussins en guise de canapé (il a fallu tout mettre dans un coin pour installer notre table de camping et4 chaises), une cuisine de 4m2 avec un petit réchaud et un robinet d’eau froide, des w.c. (à la Turque) juste assez grands pour installer un grand baquet (grande bassine) pour se « doucher » avec une casserole comme faisaient nos grands-parents.

Bébé arrive bientôt, le couple maintenant s’aime et Aïcha et Jo veulent construire un bel avenir au futur bébé.

 

Nous avons noté, hélas, une poussée très sensible des islamistes avec beaucoup plus de femmes voilées intégralement (genre niqab) avec gants, etc.

A part dans les petits villages reculés, nous en avons croisé environ une dizaine par jour, alors qu’il y a 3 ans nous en avions vu une dizaine dans tout le séjour !

Nombreuses sont les mosquées toutes neuves ou en construction, alors que les écoles bien pimpantes de l’extérieur sont, hélas, très souvent rudimentaires et en mauvais état à l’intérieur, voire même sans toilettes praticables.

Il est quasiment devenu impossible d’acheter des boissons alcoolisées dans les « Marjane » (supermarchés) soi-disant parce qu’ils sont dans des quartiers sensibles et qu’il faut protéger la population ! Tant pis, la prochaine fois nous amènerons notre vin de France !

 

Bien sûr nous un très grand MERCI à tous ceux qui nous ont aidés directement ou indirectement dans notre aventure : un grand merci à Guy sans qui notre site serait resté muet, à Olivier qui garde notre chienne, à Cécile qui gère le courrier, aux copains qui s’occupe de notre chatte et des phasmes (!…), à ceux qui ont remplacé Isabelle au catéchisme, à tous ceux qui ont collecté des choses pour nous, à notre médecin qui a su nous maintenir en bonne santé, à tous ceux qui nous ont laissé un message de réconfort et à tous ceux que nous oublions de citer… Un merci particulier à la main sur le cœur qui nous permit de nous enrichir comme le renard du Petit Prince aux fins fonds de diverses contrées lointaines et plus ou moins perdues…

Comme d’habitude, les blés nous paraîtront plus blonds !

 

Written by Pierre Coiffait - 11 mars 2018 - 279 Views

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